• 3ème partie-Guy Bourguignon

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    3emeépisode Guy BOURGUIGNON :

      L’art du mime et une exploration des possibilités scéniques… C’est un univers captivant en diable pour un homme d’une vingtaine d’années profondément épris de créativité et de vie d’artiste, et une formidable opportunité ! Pour le jeune Guy Bourguignon, cette route toute tracée vient de lui faire découvrir la chanson animée au cours de l’une de ses nombreuses pérégrinations. Chez les Comédiens Routiers avec Hussenot il en a découvert tous les rudiments et cette chanson animée fait justement partie des objectifs de Liébard, son nouveau mentor. Le magicien lyonnais voit en elle un moyen de rénover la chanson folklorique traditionnelle française et d’associer à l’art choral une pratique gestuelle. Il s’est essayé à quelques mises en scène au sein de l’Association lyonnaise Jeune France et les quelques résultats ont été encourageants. Aujourd’hui encore, les réussites de ses élèves dans le domaine sont restées dans toutes les mémoires des admirateurs du genre avec notamment : Perrine était servante et Au clair de la lune, à la manière de… Deux sketches qui contribueront à faire parler d’eux rapidement.

    C’est peu dire si Guy Bourguignon était en parfait osmose avec les thèmes développés par le maître des lieux ! Certes, il avait ses propres vues. Odile Michal, l’une des premières Compagnonnes de la Musique chez Liébard, l’a reconnu peu de temps avant de décéder : Guy Bourguignon pesait de tout son poids au plan décisionnel. Dès le départ et son arrivée à la Villa du Point-du-Jour en septembre 1943. Cela aux côtés de Marc Herrand et de Jean-Louis Jaubert au sein d’un groupe composé aussi bien de filles que de garçons qui comptera, d’après Marc Herrand,jusqu’à quatre-vingt éléments. A entendre Odile, l’homme savait déjà ce qu’il voulait.

    A Ville d’Avray, en Région Parisienne, dans la maison du célèbre peintre Corot que Guy et les Compagnons de la Musique occupent à l’automne 1945 au retour de leur service militaire au sein du Théâtre aux Armées, le Chef Liébard propose même au jeune Périgourdin au cours d’un déjeuner privé à Viroflay un meilleur statut que celui qui est le sien au sein du groupe. Car, personne n’en est dupe et, si cela n’a pas été assez souligné en dehors d’Odile Michal, tout le confirme : Guy Bourguignon était l’une des trois têtes pensantes de l’ensemble. Déjà par les idées originales qu’il y développait, mais aussi par la détermination qui était celle de ce jeune intellectuel passionné de nouveauté.

    Seulement, chez les jeunes Compagnons de la Musique qui viennent de s’adjoindre depuis quelques mois la merveilleuse voix de Fred Mella, on est déjà arrivé à l’inacceptable. Et depuis quelque temps déjà. Au printemps 1943, lors d’une tournée entreprise en Ardèche puis ensuite durant leur première série de spectacles dans la Région Parisienne où ils rencontreront Edith Piaf, les jeunes gens avaient montré d’autres prédispositions que celles chères à leur mentor.

    En ce début 1946, malgré leurs succès à l’ABC, aux Folies Belleville ou à Bobino, il n’y a en effet pour Liébard qu’une issue : on doit continuer à privilégier la chanson animée et laisser de côté tout ce qui est music-hall et donc susceptible de donner de mauvaises idées aux jeunes gens ! Pour les deux Alsaciens Marc Herrand et Jean-Louis Jaubert et le Périgourdin Guy Bourguignon, c’est une erreur ! Car ils ont le sentiment que sans l’appoint du music-hall, les caisses resteront désespérément vides et que leur rétribution en souffrira ! La suite leur donnera d’ailleurs raison puisque les Compagnons de la Musique qui n’ont pas voulu suivre les meneurs ne survivront pas au départ de huit des membres de leur équipe première ! D’autant que leur mentor s’est mis en tête de voir ses élèves regagner à Lyon au début de l’année 1946 et de laisser de côté leurs tournées parisiennes !

    Les jeunes Compagnons n’accepteront donc, ni de transiger, ni les miettes que Liébard leur propose, ni enfin de renoncer au succès qu’ils viennent de rencontrer à Paris et largement souligné par une presse de plus en plus acquise à leur cause ! A coup sûr, on aime la fraîcheur que ces jeunes gens apportent à une Chanson Française qui se cherche au lendemain d’un conflit éprouvant. Avec eux, on a découvert la chanson animée et une façon nouvelle d’associer chant et gestuelle.

    Les faits relatifs à une scission inévitable survenue au début de l’année 1946 ont été assez largement rapportés dans deux des biographies publiées ces dernières années.

    A suivre...

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